Soutenance de thèse de Valentina Vencato (Equipe InViBe)

17 juin 2019

Lundi 17 Juin 2019 à 14h00

Salle de Thèse no 2 (Faculté de Medecine de la Timone)


Soutiendra sa thèse de doctorat intitulée :

Perception et plasticité de temps de réaction. Reaction time perception and plasticity.

Lundi 17 Juin 2019 à 14h00

Lieu Salle de Thèse no 2 (Faculté de Medecine de la Timone) ATTENTION : Accès par l’entrée à coté de la cafeteria, le hall est fermé !!!

Membres du jury de la thèse  :

  • Eli BRENNER Vrije Universitaet Amsterdam, Rapporteur
  • Pascal MAMASSIAN CNRS & Ecole Normale Superieure Paris, Rapporteur
  • Joan LÓPEZ-MOLINER Universitat de Barcelona, Examinateur
  • Anna MONTAGNINI Institut de Neurosciences de la Timone, Examinateur
  • Guillaume MASSON Institut de Neurosciences de la Timone, Directeur de thèse
  • Laurent MADELAIN Université de Lille 3, Directeur de thèse

Résumé Notre environnement change constamment ce qui nous impose d’entrer en contact avec de nouvelles informations sensorielles pour interagir avec notre milieu. Cependant, ces ressources n’étant pas réparties uniformément à travers le temps et l’espace, nous devons utiliser les régularités statistiques de notre environnement pour adapter nos comportements de recherche d’information. La plasticité de nos comportements oculomoteurs fournis un exemple marquant de cette adaptation comportementale. En effet, chez les animaux possédant une rétine non-uniforme, seule une portion de l’environnement visuel est disponible à chaque instant, et la nécessité d’orienter le regard dans la bonne direction et au bon moment fait peser une contrainte forte sur nos comportements oculomoteurs. L’organisation temporelle de l’environnement affecte donc l’organisation temporelle des mouvements oculaires : les temps de réactions saccadiques sont en effet modulés en réponses aux instructions données (Reddi & Carpenter, 2000), à l’urgence perceptive (Montagnini & Chelazzi, 2005), à la prédictibilité temporelle de l’apparition des cibles (Ameqrane, Pouget, Wattiez, Carpenter, & Missal, 2014 ; Joiner & Shelhamer, 2006) ainsi qu’aux contingences de renforcement (Vullings & Madelain, 2018). Il a ainsi été montré que des observateurs peuvent apprendre à moduler leurs latences saccadiques en fonctions de contingences spécifiques : les proportions de latences courtes et longues s’ajustent à la fréquence relative de renforcements obtenus pour ces deux classes de latences. Puisque les sujets ne sont pas informés de ces contingences, ils doivent apprendre à associer des latences particulières aux renforçateurs obtenus. Ces résultats suggèrent donc que le système saccadique ait accès à ses propres temps de réaction. Ce travail de thèse propose de quantifier notre capacité à percevoir nos temps de réaction saccadiques. Cependant, ces mesures posent un certains nombre de problèmes méthodologiques. Les paradigmes conventionnels de mesure de la perception temporelle ne sont pas adaptés, notamment parce que la durée des latences dépend du comportement de l’observateur lui même. Le participant est donc en mesure de modifier l’intervalle temporel à percevoir pour en faciliter la discrimination. Nous avons donc réalisés plusieurs expériences pilotes pour développer un paradigme de mesure de la perception temporelle adaptés aux temps de réaction (Ch. 2). Ce paradigme nous a ensuite permis de mesurer le seuil perceptif des latences saccadiques dans une série d’expériences. En outre, nous avons utilisés une procédure dite d’overlap permettant de moduler les latences saccadiques. Dans cette procédure on manipule la relation temporelle entre l’apparition de la cible saccadique et la disparition du point de fixation : si le point de fixation disparaît avant l’apparition de la cible, les temps de réaction sont réduits. A l’inverse, si le point de fixation disparaît après la cible, les temps de réactions sont plus longs. Certains effets comportementaux liés à ces manipulations n’ayant pas été étudiés, nous avons réalisés une série d’expériences permettant de préciser les conditions de la modulation des latences saccadiques par cette procédure (Ch. 5). Par ailleurs, nous avons généralisés les mesures de perception temporelle des latences saccadiques aux latences des mouvements de bras (Ch. 4). L’ensemble des résultats obtenus indique que la perception des temps de réactions est comparable à celle d’autres types d’intervalles temporels, les seuils perceptifs mesurés variant entre 12% et 36% de l’intervalle pour les saccades et de 12% à 36% pour les mouvements de bras. Ces résultats viennent conforter l’hypothèse selon laquelle la perception des latences peut être utilisée pour adapter nos comportements d’exploration aux contraintes temporelles de l’environnement.

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