Soutenance de la thèse de Virginia AGLIERI

16 mai 2018

Le mercredi 18 avril à 14h

Faculté de médecine, Salle de thèse n° 2


Variabilité comportementale et neuronale interindividuelle dans les processus de perception de la voix Behavioral and neural inter-individual variability in voice perception

Equipe BANCO

Composition du jury :

  1. Directeur de thèse Pascal BELIN Aix-Marseille Université
  2. Rapporteur Milene BONTE Maastricht University
  3. Rapporteur Narly GOLESTANI Université de Genève
  4. Examinateur Daniele SCHON Aix-Marseille Université

Résumé de la thèse Chez l’homme, la voix facilite les interactions sociales par la transmission d’informations sur l’identité de la personne, ses émotions ou sa personnalité. En particulier, l’identité du locuteur peut être automatiquement extraite même lorsque le message et l’état émotionnel varient, ce qui suggère des mécanismes cognitifs et cérébraux partiellement dissociables pour ces processus. Cependant, la reconnaissance d’une voix familière ou la discrimination entre deux locuteurs sont, pour certains sujets, non seulement non-automatiques, mais même impossibles. Ce déficit, lorsqu’il se manifeste dès la naissance, est appelé phonagnosie du développement et constitue la contrepartie auditive de la prosopagnosie (déficit de reconnaissance des visages). Dans le domaine visuel, il a été proposé que les sujets affectés par la prosopagnosie du développement représentent des cas extrêmes dans la distribution des capacités de reconnaissance de visages. A l’inverse, des "super-reconnaisseurs" des visages se situaient à l’opposé de cette distribution. Comme la distribution des capacités de reconnaissance de la voix dans la population générale était encore inconnue, le premier objectif de cette thèse a été d’en étudier les différences individuelles au moyen d’un court test - le Glasgow Voice Memory Test (GVMT). Les résultats obtenus ont reflété une large variabilité interindividuelle dans les capacités de reconnaissance des voix : parmi une cohorte de 1120 sujets, il y avait à la fois des sujets avec des performances significativement en dessus de la moyenne (potentiels phonagnosiques) et des "super-reconnaisseurs" des voix. Cette variabilité individuelle comportementale semblerait se refléter au niveau cérébral, comme révélés par l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) : en fait, il a été montré précédemment qu’il existait une variabilité interindividuelle considérable dans le signal BOLD (blood-oxygen level dependent) lié à la voix dans les zones temporales de la voix (TVAs). Ces régions sont situées sur le bord supérieur des sulcus/gyrus temporal supérieur (STS/STG) et montrent une activation préférentielle pour les sons vocaux plutôt que non vocaux. Le deuxième objectif de ce travail fut de mieux caractériser le lien entre les mécanismes comportementaux et neuronaux sous-tendant la variabilité interindividuelle dans les processus de reconnaissance des voix. Pour cela, nous avons examiné comment la perception de la voix modulait la connectivité fonctionnelle entre les TVAs, constituant le "noyau" du réseau de perception de la voix, et les régions frontales également sensibles aux voix, constituant une extension de ce réseau.. Les résultats ont montré qu’il y avait une connectivité fonctionnelle positive dans l’ensemble du réseau et que la connectivité fonctionnelle fronto-temporelle et fronto-frontale droite augmentait avec les scores obtenus lors du GVMT. Pour compléter ce travail, nous avons réalisé une autre étude IRMf en utilisant des analyses multivariées, afin de clarifier les corrélats neuronaux de la reconnaissance du locuteur mais aussi le lien entre sensibilité cérébrale à la voix et capacités de reconnaissance du locuteur. Pour cela, des sujets ayant des capacités de reconnaissance vocale hétérogènes ont été soumis à la fois à une tâche d’identification du locuteur et à une tâche d’écoute passive de sons vocaux et non vocaux. Les résultats ont confirmé que l’identification du locuteur s’effectuait via un réseau étendu de régions, incluant les TVAs mais aussi des régions frontales. De plus, nous avons observé que le score de classification voix/non-voix dans le STS droit permettait de prédire les capacités d’identification des locuteurs. Dans l’ensemble, ces résultats suggèrent que les capacités de reconnaissance vocale varient considérablement d’un individu à l’autre et que cette variabilité pourrait être le reflet de profils d’activité cérébrale différents au sein du réseau de la perception de la voix.

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