Soutenance de la thèse de Anne Caroline MARTEL (Equipes BAGAMORE)

12 décembre 2019

Striatum et perception du temps : analyse de la contribution des composants de la circuiterie striatale par une approche électrophysiologique chez le singe macaque

Jeudi 12 Décembre

Lieu : Henri Gastaut (INT R0)


Striatum et perception du temps : analyse de la contribution des composants de la circuiterie striatale par une approche électrophysiologique chez le singe macaque

Striatum and time perception : an electrophysiological analysis of the relative contribution of distinct components of the striatal circuitry in the macaque monkey

Jury :

  • Sylvie Droit-Volet, Université Clermont Auvergne, Rapporteure
  • Léon Tremblay, ISC Bron, Rapporteur
  • Marianne Amalric, LNC, Examinatrice
  • Sylvie Granon, Université Paris-Sud, Examinatrice
  • Paul Apicella, INT, Directeur de thèse

Résumé : Pour apprendre et guider des comportements adaptés au contexte, il est nécessaire de se représenter les actions et leurs conséquences, ainsi que le moment où elles se produisent. Comprendre comment le temps est représenté dans le cerveau est un enjeu majeur des recherches en neurosciences. Parmi les régions cérébrales impliquées, le striatum, principal composant des ganglions de la base, intervient dans le traitement des informations temporelles dans la gamme de la seconde à la minute. Cette structure reçoit une innervation dopaminergique qui joue un rôle important dans le traitement temporel, comme en témoigne l’altération de la sensibilité au temps observée lors d’un déficit pathologique en dopamine, comme dans la maladie de Parkinson. Les objectifs de cette thèse ont consisté à mieux comprendre les mécanismes striataux qui sous-tendent la perception du temps chez le primate, en s’intéressant à (1) la distinction entre différentes modalités de traitement de l’information temporelle, selon que le comportement repose sur un traitement contrôlé ou automatique du temps, (2) la contribution respective des interneurones et des neurones efférents du striatum, (3) l’influence de régions distinctes du striatum pouvant traiter différemment l’information temporelle. Chez deux macaques rhésus entraînés à estimer la durée d’intervalles de 1 à 2,3 s, ou prédire un événement au terme de ces mêmes intervalles, nous avons analysé les changements d’activité neuronale en fonction de la durée des intervalles et du contexte temporel (estimation ou prédiction) dans lequel ils sont présentés. Cette analyse avait pour but d’identifier des corrélats du codage de l’information temporelle par deux populations de neurones identifiables au plan électrophysiologique, à savoir les neurones efférents et les interneurones cholinergiques, appelés respectivement "PANs" et "TANs". Nous avons constaté que les changements d’activité des TANs semblent refléter des processus liés, mais non spécifiques, au codage temporel, sans effet de la durée de l’intervalle et avec une relative dépendance vis-à-vis du contexte temporel. Les différents patterns d’activation des PANs pourraient, quant à eux, transmettre des informations sur la durée des intervalles dans un contexte déterminé qui nécessite une estimation du temps écoulé ou la prédiction temporelle d’événements externes. L’ensemble de ces résultats fournit un éclairage nouveau sur les substrats neuronaux du traitement temporel au niveau de différents éléments de la circuiterie striatale.

CNRS logo université Aix Marseille logo | plan du site | mentions légales | contact | admin | intranet | intcloud |