Soutenance de l’HDR de Laurent Goffart

2 octobre 2020

Le vendredi 2 octobre à 14h

Lieu : salle Henri Gastaut (si la situation le permet)


Titre :

Itinéraire pour une contribution de la Neurophysiologie de l’orientation du regard à la recherche des conditions de possibilité de l’intuition spatiale

Membres du jury :

  • Prof. Patrick Chauvel, Aix-Marseille Université, Marseille
  • Dr Georges Debrégeas, Laboratoire Jean Perrin, Sorbonne Université / CNRS, Paris
  • Dr Jean-René Duhamel (rapporteur), Institut des Sciences Cognitives Marc Jeannerod, CNRS / Université Claude Bernard, Lyon
  • Prof. Jean-Louis Mège, Aix-Marseille Université, Marseille
  • Dr Yves Trotter (rapporteur), CERCO, Université Paul Sabatier / CNRS, Toulouse
  • Dr Jean-Louis Vercher, ISM, Aix-Marseille Université / CNRS, Marseille

Résumé : Dans leur quête des mécanismes de la pensée et de l’action, les sciences du cerveau considèrent l’espace comme une entité nécessaire et a priori, inhérente au fonctionnement cérébral. Sa nature et son fondement neurobiologique ne sont pas mis en doute. Posée quasiment comme un axiome, cette notion n’est malheureusement pas définie. Pourtant, la Neurophysiologie a fait de nombreux progrès dans l’élucidation des processus neuronaux sur la base desquels s’appuie l’orientation spatiale d’un organisme. Elle apporte de nombreux enseignements sur la façon dont les habiletés spatiales et temporelles sont dépendantes du fonctionnement cérébral. Même si l’espace n’est qu’une notion conventionnelle, comme le défend le mathématicien Henri Poincaré, et ses propriétés celles de nos instruments de mesure, la Neurophysiologie est riche d’enseignements sur cette géométrie primitive et grossière de laquelle, selon Poincaré, la "géométrie des géomètres" serait née, "fécondée par la faculté de construire des concepts mathématiques, tels que celui de groupe", raffinée ensuite par notre recherche "parmi les concepts purs [de] celui qui s’adaptait le mieux à cet espace grossier". Cette géométrie primitive consiste en une sorte de "tableau de distribution", hérité de l’évolution mais tout de même plastique, où les associations se font entre les signaux du monde physique élaborés par nos sens et les mouvements de réaction. Au cours des 30 dernières années, mes travaux de recherche expérimentale se sont efforcés de rassembler les éléments qui permettent de fonder neurophysiologiquement notre intuition et nos habiletés spatiales. Au cours de cette recherche, je me suis tenu d’éviter de recourir à cette notion d’espace, de la poser a priori, afin de mettre à l’épreuve la nécessité de son recours, pour qu’elle s’impose inévitable. Par cette stratégie, j’ai découvert le problème fondamental que pose cette mise en relation implicitement faite entre d’une part, les mesures cinématiques que nous faisons, et d’autre part les processus neuronaux sous-jacents au mouvement. Cette découverte a conduit vers un point de vue beaucoup plus simple, strictement neurophysiologique, qui permette de comprendre la précision spatiale et temporelle des mouvements d’orientation sans postuler un cadre de type "espace" ou "espace-temps" dans le fonctionnement interne du cerveau.

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